La ville et le commerce
A l’avènement de l’Islam, les villes de la Méditerranée restent marquées par l’héritage hellénistique. Si les
églises ont remplacé les temples, le croisement des artères principales au centre de la ville, le forum, les ponts
et les citernes vont subsister longtemps. Une citadelle abritant un palais, édifiée en haut d’une butte, domine
souvent les zones d’habitation et le quartier portuaire.
Les conquêtes musulmanes des premiers siècles suscitent des villes en grand nombre : soit d’anciens campements militaires, comme Fustât en Egypte, soit des fondations palatines, comme Madînat al-Zahra, près de Cordoue. Aux grandes propriétés foncières de la Basse Antiquité succèdent des économies fondées sur les activités urbaines : change monétaire, transformation des matières premières, échange des produits et des idées. Par la proximité de la Mosquée-Université, du hammam et du quartier commerçant, puis des écoles à partir du XIe siècle (madrasas), la ville représente l’idéal de la vie musulmane.
La division en quartiers professionnels, où vient se superposer un second réseau ethnique ou religieux
aboutit au Moyen Age à des structures urbaines denses et compliquées. Le phénomène se remarque aussi
bien dans les villes chrétiennes que dans les villes musulmanes. Fès en donne toujours l’exemple. Toutefois,
le développement de la cavalerie en terres d’islam entraîne l’apparition de grandes places (midan), ou d’hippodromes dans les cités les plus importantes.
A la Renaissance, les concepts urbains se séparent. Les villes d’Occident s’ouvrent et se rationalisent.
Esplanades et artères se multiplient. Les villes musulmanes poursuivent leur cloisonnement et font naître des casbahs, comme à Oran ou Alger.