L'art de vivre
Le ciel et la mer ont imposé une philosophie dans la perception du beau et du plaisir. Des choses peu nombreuses suffisent, à condition qu’elles soient de qualité. Par leur frugalité, par leur aptitude à capter le moment heureux, les habitants de la Méditerranée sont toujours adeptes d’Epicure. Avec Aristote, ils s’accordent sur la nécessité d’équilibrer les éléments.
L’habitat andalou, maghrébin et oriental, s’organise sur une cour intérieure qui protège l’intimité de la famille. En cela, il garde des liens avec l’Antiquité. En Grèce, en Italie du Sud, dans les Balkans, des petites maisons cubiques, à deux niveaux, où la partie « noble» est à l’étage supérieur, se succèdent dans d’étroites ruelles.
La cuisine - celle du Maghreb en particulier - utilise des aliments simples, mais savoureux, dont ont conserve
les caractéristiques. Les épices et les condiments, comme l’huile d’olive et l’huile d’arganier, la coriandre, le
cumin, le curcuma, établissent l’équilibre par leurs propriétés « froides » ou « chaudes ». Ziryab, un musicien
de Bagdad, passe pour avoir fixé l’ordonnance des mets en Andalousie. Son art gagnera le Maroc.
Chez les musulmans, l’abstinence sexuelle ne peut se concevoir que dans le cadre d’une prescription religieuse (le mois de Ramadan). Le plaisir charnel fait partie de l’équilibre du corps. Toutefois, il ne doit pas être objet de scandale et rester dans le domaine privé.
Sur cette philosophie naturelle, héritée de l’Antiquité, se greffent des éléments orientaux apportés par les
Arabes. En Andalousie, au Maghreb au Proche-Orient, un festin doit s’accompagner de musique et de danse.
Dans les riches demeures, le jardin intérieur remplace la cour. A ceux qui sont loin de la mer, une pièce d’eau
centrale, où s’entrecroisent les canaux, offre l’image du Paradis.